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Arcano18 & DMAH - U.T undifferentiated tissue (2010)

mardi 22 mars 2011 par octavener

U.T undifferentiated tissue est un CD né de la collaboration entre les artistes Arcano 18 et DMAH. L’album est sorti sur CD-R en 2010 sur le label Allemand Shit Noise Records.

Le premier titre démarre sur une boucle electro étonnament soft, mais le bruit monte vite par dessus cette boucle. On a l’effet stereo suivant : bruit à gauche, electro-indus à droite. Le bruit de l’oreille gauche évolue progressivement, commençant un peu strident, mais il part vite sur des choses plus intéressantes, il bouillonne par fois, dans les graves, grace à un pitch et un phaser bien placés, puis repart violent, et est finalement en mouvement constant. La piste electro de l’oreille droite n’offre que très peu de changement, et reste fidèle à la répétitivité de la musique industrielle. Finalement on se laisse hypnotiser par cette boucle quasi-incessante, et on se fait balader, sans s’en rendre compte par le bruit qui court, librement. Surprenant au début, mais intéressant à la longue.

Notre petite torpeur s’interrompt immédiatement au démarage du second titre, qui part sur une surenchère de bruits nihilistes et désorganisés. Une bardée de synthés, de boite à rythmes et d’objets sonores non identifiés nous tombe sur le coin de la gueule, le tout emballé dans une série de distortions sévères. Il y a de nombreux changements dans ce morceau, tous imprévisibles et désorganisés. Un chaos sonore, ni plus, ni moins. Certains passages sont vraiment marrants, notamment ceux ou l’on distingue un semblant de percussion ou de synthé qui sont parvenus à survivre à la pile d’effets qui leur a été infligée. Il y a une relative accalmie vers la onzième minute, mais le chaos et la violence restent latents, et on les sait, prêts à surgir de nouveau pour nous en remettre plein la gueule. D’ailleurs, ça manque pas, le morceau se termine dans un désordre équivalent à celui du début. Un morceau intéressant à certains passages, ça reste quand même une bouillie de 17 minutes de chaos intense, difficile à digérer.

Le 3ème morceau part sur une base beaucoup plus calme, on a même une légère montée d’un sample de reggae (!). Mais que les noisers se rassurent, et que les reggaemans s’inquiètent, on a bien affaire à un morceau noise, et d’ailleurs celui-ci prend vite la place du reggae. La transition reggae/noise est à certains moments mal faite puisque inexistante : un simple fondu suffirait, dans la mesure où le noise n’est pas une musique soumises aux règles rythmiques, mais passons, ce petit échange reggae/noise ne dure pas bien longtemps. Le noise est moins chaotique que le deuxième morceau, il est plus constant, ronronne, et parfois hurle, mais de façon un peu plus organisée. Une petite entracte vers la moitié du morceau nous propose un bref passage presque construit rythmiquement (presque), et un passage avec un simple sample vocal nous offre une pause à la moitié du morceau. Et puis ça repart, sur une base beaucoup moins intéressante, plus minimaliste, et uniforme, cette partie aurait fait un bon passage harsh-noise/wall, si le mixage avait été plus correct. Là il n’y a presque que des hautes fréquences, et sans être strident, ce passage manque cruellement de puissance. Dommage parce que n’est qu’une affaire de mixage, et d’autant plus dommage, parce que c’est là dessus que se termine l’album, après une longue descente de tout ce bruit et une brève boucle rythmique.

Au final, je pense que la question n’est pas de savoir si cet album est bon ou mauvais : cet album - et c’est là qu’il est intéressant - est une mise en musique du chaos. Même si c’est généralement le cas avec ce genre de musique, cette galette l’est particulièrement et d’autant plus par son je-m’en-foutisme. Je pense que ce qui est vraiment chaotique, n’est ni bon ni mauvais, c’est... juste chaotique. C’est le cas avec cet album, pas très facile à écouter, mais il a d’intéressant que l’expérience du chaos sonore est menée loin, sinon jusqu’au bout.


- Le CD est disponible pour 2€ ici


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Directeur de publication : Daniel B.